La Plage Casadelmar
Nous avons aimé l'idée d'un hôtel qui commence là où la route s'arrête : au...
Il existe en Corse une poignée de maisons que l'on n'a pas besoin de présenter, et celle-ci en fait partie depuis quatre décennies. Le Grand Hôtel de Cala Rossa appartient à la même famille, transmise de génération en génération, et cela se sent partout : dans les objets de voyage chinés qui décorent les chambres, dans le personnel qui revient saison après saison, dans l'absence totale de démonstration. La maison occupe une presqu'île privée au nord du golfe de Porto-Vecchio, derrière un rideau de pins parasols, avec sa propre plage de sable au bout du jardin. On y entre par une allée, et la mer arrive avant qu'on ait fini de se garer.
Parce que c'est l'une des rares adresses de l'île où l'on peut poser ses valises une semaine sans jamais ressortir, et sans que cela ressemble à un enfermement. Trois tables, un spa de cinq cent cinquante mètres carrés, un potager biologique qui alimente les cuisines, une plage privée, un court de tennis : le domaine se suffit. Ce qui emporte la décision, c'est la manière dont tout cela reste familial, au sens propre comme au figuré. Les enfants sont accueillis, la garde d'enfants existe, et l'on n'a jamais l'impression de déranger un décor.
Cala Rossa se trouve sur la rive nord du golfe, à Lecci, une dizaine de kilomètres du centre de Porto-Vecchio par la route. C'est un choix de tranquillité : on est sur une pointe, pas sur un axe, et la plage du domaine est abritée des vents dominants, ce qui change tout pour la baignade des enfants et pour les fins de journée. Le revers est assumé, il faut la voiture pour aller dîner en ville ou rejoindre Palombaggia et Santa Giulia, sur l'autre rive. La navette aéroport existe pour l'arrivée et le départ, et Figari se rejoint en une petite heure.
Prix : Luxe
Vibe : familial, feutré, méditerranéen, sans ostentation
Chambres : 39, des doubles aux suites, avec cabanes perchées dans les arbres et junior suites
Idéal pour : les familles, les séjours d'une semaine, les amateurs de spa
Notre coup de coeur : les cabanes dans les arbres, au-dessus de la pinède
Table : trois restaurants, dont La Pinède et I Piattini, approvisionnés par le potager biologique du domaine
Équipements : plage privée de sable, spa Nucca de 550 m2, sauna, salle de sport, court de tennis, jardin, navette aéroport, garde d'enfants
À proximité : golfe de Porto-Vecchio, vieille ville, plages de Palombaggia et Santa Giulia, réserve naturelle des Cerbicale
Les trente-neuf chambres se répartissent par situation plus que par catégorie : celles qui donnent sur le jardin, celles qui ouvrent sur la mer, et les cabanes construites dans les arbres, qui sont la signature de la maison et se réservent longtemps à l'avance. La décoration tient dans des tons méditerranéens doux, du bois, du lin, et cette collection d'objets de voyage rapportés par les propriétaires au fil des années, qui donne aux pièces un caractère que le mobilier de série n'atteint jamais. Les catégories supérieures, junior suites et suites, gagnent surtout en terrasse et en dégagement sur le golfe.
La cuisine est le second pilier de la maison. Le potager biologique du domaine fournit les légumes et les herbes, et la carte suit ce qui pousse plutôt que l'inverse. La Pinède tient le registre gastronomique, dans une salle ouverte sur les pins ; I Piattini joue les petites assiettes de partage, corses et méditerranéennes ; une troisième table, plus italienne, complète l'ensemble avec les pâtes fraîches et le four à bois. On peut ainsi dîner sept soirs de suite sur le domaine sans répéter deux fois le même repas, ce qui est exactement ce qu'on attend d'une adresse où l'on reste.
Cinq cent cinquante mètres carrés de bois et de plantes, une piscine intérieure, un sauna, des cabines de soin : le spa Nucca a la taille d'un véritable équipement, pas d'un alibi. Sa particularité tient à sa marque de cosmétique maison, développée à partir de plantes endémiques corses, ce qui donne aux soins une odeur que l'on ne trouve nulle part ailleurs. C'est le genre de détail qui justifie une après-midi entière à l'intérieur alors que la plage est à cinquante mètres, et c'est aussi ce qui sauve un séjour un jour de libeccio.